L’interculturalité au secours des chibanis âgés

  1. :

w-chibanis-in-P1110651Le Préfet et D.Poldge, président du CODES 30 (Comité Départemental d’Education pour la Santé du Gard) qui a organisé un colloque le 24 juin sur la santé et l’autonomie des personnes âgées immigrées. Témoignages et engagements se sont succédés sans apporter de réponse formelle mais ont précisé les contours de la problématique.

 

 

L’âge, sa prise en compte et sa prise en charge. Une question de représentation de l’autre, de culture, de reconnaissance, de compréhension qui, conjuguée aux écueils de l’immigration, prend une dimension difficile. Accès à l’information, accès aux droits….

 

 

Les inégalités sont parfois simplement fruits de la mécompréhension du système et de droits non sollicités, alors il faut expliquer, clarifier et guider. Une reconnaissance des anciens qui est nécessaire aussi à la reconnaissance des jeunes. Les immigrés âgés, une question « trou noir » dira le préfet Hugues Bousiges, évoquant foyers Sonacotra sinistres ou masures isolées en campagne. Des problèmes qui ne sont pourtant pas si spécifiques et se généralisent: carrières hâchées, parcours administratifs chaotiques, freins culturels, complexité, deviennent une réalité pour nombre de publics.

 

Les immigrés âgés

On estime à 234 000 le nombre de personnes originaires de l’immigration dans la région, soit 9% de la population, avec une proportion un peu plus importante dans le Gard. Les courbes d’âge suivent les vagues d’immigration et les problèmes sont adossés leurs spécificités. D’après l’INSEE, ce sont les immigrés espagnols qui sont actuellement en haut de la courbe du vieillissement. 40% des immigrés âgés de plus de 55 ans sont dans le Gard, 47% d’entre eux sont d’origine marocaine.

 

Mission parlementaire

Le 3 juillet à l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, présentera les conclusions de la mission parlementaire (dont la députée Françoise Dumas est rapporteur). « La dépendance aux allocations est cruciale. Il suffit d’un papier mal rempli pour qu’un imbroglio se déclenche et que l’ensemble des droits soit remis en question… Entre disparités, pratiques des caisses, complexité, face à la méconnaissance et l’isolement, on va vers une loi pour simplifier les droits […] L’étude est un révélateur des insuffisances pour tous les travailleurs » explique la députée « Les parcours ne sont plus lisses. On va d’un régime à l’autre, d’un métier à l’autre, selon les opportunités. Il faut donc par exemple renforcer la coordination entre les 3 régimes d’assurance maladie. La question soulève aussi la notion de lien social, de médiation, d’intergénérationnel… La fin d’une trajectoire de vie pour les uns est la racine de la vie des autres, il faut développer la mémoire. Les immigrés aînés ont contribué au développement économique, les reconnaître, c’est reconnaître les jeunes. »

SV